Guide pour réussir la culture des piments dans son jardin

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piments jalapenos verts et rouges

On trouve de nos jours des produits américains en quelques clics sur les épiceries spécialisées en ligne ou à proximité dans les grandes surfaces.

Il est en revanche plus difficile de trouver des produits frais utilisés traditionnellement dans la « southern food » et le barbecue américain. Ainsi vous avez été nombreux à me demander où se procurer toutes sortes de piments dont les noms fleurent bon le Mexique. En plus d’être appréciés pour leurs piquants et leurs saveurs délicates, ces fruits sont ce qu’on appelle des « superaliments » tant ils sont bénéfiques pour la santé.

Puisque dans la vie on n’est jamais mieux servi que par soi-même, le meilleur moyen d’obtenir ces précieux « chili peppers », c’est de les cultiver dans son jardin ! Et être votre propre patron dans cette entreprise ne présente que des avantages : on peut ainsi choisir ses espèces de piments, leurs grosseurs ou encore leurs maturations pour l’obtention de différentes couleurs, allant du vert au rouge en passant par l’orange et le violet. Enfin, en plus d’être bon pour la planète et de booster votre satisfaction personnelle, c’est surtout s’assurer de grandes quantités de piments extra frais de manière quasiment gratuite ! Plus question donc de remplacer un piment par un substitut non adapté qui enlève tout le charme d’une recette.

Comme bien souvent sur le net, je n’ai pas trouvé de contenu informatif suffisamment étayé et détaillé pour mener à bien cette culture qui n’est pas difficile en soi, mais qui demande quelques astuces pour réussir sous nos latitudes. C’est pourquoi j’ai décidé de rédiger ce guide, qui se veut simple et économique, avec l’aide d’un jardinier bio dynamique. En espérant que le partage de nos expériences puisse vous apporter la main verte et des récoltes abondantes !

 

Quel piment ? Si vous habitez dans une région froide ou si vous débutez, il est conseillé de commencer avec un piment de type « Capiscum annuum », comme le Jalapeño, qui pousse et produit des fruits rapidement. Certaines espèces comme le piment Habañero sont réputées difficiles à cultiver et seront à choisir une fois les bases bien maitrisées.

 

guide-culture-piments-plant-fruits

 

Le choix stratégique de l’emplacement : il n’est jamais trop tôt pour y penser et y repenser car de lui dépendra 80 % de la réussite. Elément le plus important à prendre en compte, il faut éviter les coins venteux ! Deuxièmement, cette plante une fois adulte aime la chaleur et même la très forte chaleur. L’exposition doit obligatoirement être plein sud, le mieux étant au pied d’un mur pour profiter du rayonnement de celui-ci de jour comme de nuit, c’est ce qu’on appelle le double soleil. Enfin attention à la proximité d’un mur ou d’arbustes sur les côtés, qui vont limiter le potentiel de croissance en faisant de l’ombre le matin et le soir.

 

Une terre à préparer soigneusement : pour résumer la terre doit être : drainante, chaude et ultra riche en nutriments. La première année, je décaisse le coin choisi pour remplacer la terre par un mix d’environ 35 % de terre argileuse, 40 % de sable et 25% d’humus. On s’inspire de ce qui fait dans la nature en ajoutant 4 cm de compost mûr en surface, les éléments nutritifs étant 100% hydrosolubles ils se diffuseront au fur et à mesure des arrosages. On peut même en rajouter tous les mois pour lutter contre l’érosion et le délavement.

Je ne retourne plus le sol les années suivantes mais je renouvelle soigneusement le compost de surface dès les premiers beaux jours. Ce sol en séchant rapidement présente deux avantages : garantir des racines bien oxygénées et une température élevée en association avec la couleur noire.

Un sol aussi idéal n’existe pas dans la nature, cependant son inconvénient est d’être plus instable et il faudra utiliser des tuteurs pour que les plants ne se couchent pas sous leur propre poids une fois qu’ils sont couverts de fruits.

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Semis à partir de graines : Les graines vendues par des particuliers ont l’avantage de résister au froid et d’avoir été sélectionnées pour leur rendement, on en trouve sur leboncoin à des prix ridiculement bas. Un seul achat la première année suffit, puisqu’on utilisera les graines produites pour les années suivantes. Chaque génération sera meilleure que la précédente par l’adaptation des plants à votre sol et vos conditions climatiques.

Faites tremper les graines une nuit maximum dans un verre d’eau. Remplissez une simple barquette de terreau tamisé très finement puis bien tassé, enfoncez ensuite chaque graine entre 3 et 5 mm de profondeur au maximum. On laisse 3 cm d’espace minimum entre les graines fraichement plantées. Couvrir d’un plastique transparent rigide ayant été troué pour laisser passer l’air. Le terreau doit être constamment humide sans être détrempé, l’autre critère primordial étant la température la pièce, l’idéale pour la germination est située entre 20 et 25°c. Place à la patience ! Les mystères de la nature font que certaines germinations sont plus longues que d’autres, entre 7 et 20 jours. Dès que les cotylédons sont sortis, veillez à avoir une source de lumière suffisante pour éviter l’étiolement des tiges. Quand les plantules possèdent 3 paires de feuilles définitives il faut les transplanter d’abord dans de petits pots, cela donne de meilleurs résultats. Quand les beaux jours arrivent, il est bon d’habituer les jeunes plants aux conditions extérieures en les sortant quelques heures en journée, sans soleil direct, sans grande chaleur ni de vent violent bien sûr.

Enfin, mieux vaut repiquer à l’extérieur en pleine terre trop tard que trop tôt pour éviter les coups de froid nocturne qui handicaperont la plante toute sa vie. En dessous de 14°c il y a danger, une petite serre en plastique pourra limiter ce genre de désagrément. Espacer les plants entre eux de 55 cm minimum pour ne pas que les racines se chevauchent plus tard. L’anti-limace est votre ami ! Renouvelez cette amitié à la moindre pluie.

graines-guide-culture-piments

 

Arrosage : L’eau est une source de vie et c’est le gros du travail en période estivale. Faisons d’une pierre deux coups et profitons des arrosages fréquents pour nourrir un peu plus les plantes avec des infusions de compost qui présentent l’avantage d’être naturelles, directement assimilables et sans risque de surdosage. L’arrosage doit être très fréquent lorsque les températures sont caniculaires. Ne vous fiez pas aux magazines qui vous donnent un chiffre et une heure pour arroser, cela dépend de trop de paramètres comme la nature du sol, la température et le vent. Au moindre signal de stress hydrique (feuilles molles pointant vers le bas) il faut arroser. J’arrose jusqu’à 3 fois par jour en août, avec de l’eau de pluie récupérée dans une citerne. Cette fréquence d’arrosage peut être limitée comme nous l’explique le vieil adage, « un paillage vaut 3 arrosages ». Il va alors agir comme un tampon limitant les phases où le sol est alternativement trop sec puis trop humide, mais il favorise la présence d’insectes pas forcément désirables.

 

guide-culture-piments-semis

 

Floraison / Rendement : Les plants passent en floraison dès la mi-juillet pour les piments jalapeño, de ces fleurs émergent rapidement les fruits. La production se stoppera avec l’arrivée des premiers froids. Toujours dans le cas du Jalapeño, les fruits sont d’abord verts puis vont passer à une couleur de transition aubergine avant de devenir rouges à la fin de leur mûrissement. (Lien Photos sur l’article comment faire ses propres piments chipotle au barbecue). On note que ces piments, une fois récoltés, continuent de rougir même sans être exposés au soleil.

A vous aussi de choisir leur grosseur, si vous voulez de gros piments vous devez éclaircir les plants, c’est-à-dire sacrifier des jeunes fruits verts à peine formés pour privilégier la croissance de ceux restant.

Enfin pour préparer l’année suivante, récupérez vos graines sur des fruits qu’on aura laissés mûrir    volontairement le plus longtemps possible. Pour éviter que quelqu’un ne les coupe par inadvertance, on peut marquer ces fruits issus des plants les plus robustes et productifs, avec un brin de laine de couleur. Séparez les graines une à une manuellement pour faciliter le séchage qui se fera soit 15 jours à l’intérieur soit 2heures dans un déshydrateur réglé à 40°c. On peut alors les stocker dans un pochon hermétique à l’abri de la lumière ou mieux dans le congélateur.

Pour vous donner un ordre d’idées, 10 plants répartis sur 2.5 mètres carrés donnent une récolte annuelle d’environ 220 piments Jalapeno de calibre moyen.

 

plantule-piment-jalapeno-guide-culture-1

 

Maladies, insectes : l’espacement suffisant, la vitalité des plantes, le côté caniculaire recherché avec le sol qui sèche rapidement sont autant de facteurs qui limitent drastiquement les nuisibles. Rien à signaler pour ma part hormis des punaises vertes qui se prélassent sur la canopée en plein été, sans conséquences sur les plantes.

 

Utilisation : Il en reste plus qu’à les utiliser sous toutes les formes, vous trouverez sur King Frog BBQ des recettes pour les marier avec du fromage et du bacon, les fumer et les transformer en poudre, au vinaigre etc …

 

Rappel : Il est conseillé de porter des gants et des lunettes lorsque vous coupez des piments. Ne surtout pas se frotter le nez, les oreilles ou les yeux sous peine d’une sensation de brûlure très désagréable. Attention aux variations de piquant ! Deux piments issus de la même plante et de la même branche peuvent voir leur piquant respectif varier du simple au quadruple. Ils ne sont pas conseillés aux enfants ni aux personnes ayant le vertige sur l’échelle de Scoville !

 

Pour toute question  précise  sur les thèmes traités sur king frog bbq, je vous invite à les poser en commentaires plutôt que par mail pour que tout le monde puisse profiter des réponses.

 

Biblio : Guide réalisé avec l’aimable participation de mon ami et jardinier bio dynamique Damien Alarçon, fondateur du jardin de Violgues.  Livre pour aller plus loin : The field guide to peppers par Dave DeWitt et Janie Lamson

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